Qu'est-ce que l'ichiju sansai ? Une soupe, trois plats
Sep 30, 2026
Ichiju sansai (一汁三菜) signifie littéralement « une soupe, trois plats ». C'est l'une des idées les plus utiles pour comprendre la composition d'un repas japonais et pourquoi la table utilise souvent plusieurs petits récipients plutôt qu'une grande assiette.
Dans sa forme familière, le riz et les pickles accompagnent une soupe et trois préparations. Les trois plats peuvent employer différents ingrédients et différentes techniques : poisson grillé, légumes mijotés et petit plat vinaigré, par exemple.
Ces petits accompagnements sont précisément l’un des contextes où kobachi, kozara et mamezara sont utiles : profondeur et taille différentes maintiennent saveurs, sauces et textures séparées.
Le ministère japonais de l'Agriculture (MAFF) décrit l'ichiju sansai comme une formule importante de la cuisine domestique washoku, avec le riz comme centre du repas.
Que signifie ichiju sansai ?
- Ichi = un
- Ju = soupe
- San = trois
- Sai = plats ou accompagnements
Les trois sai ne sont pas trois services successifs au sens occidental. Ils sont présentés avec le riz et la soupe, souvent avec un plat principal et deux accompagnements.
Le riz et les pickles comptent-ils parmi les trois plats ?
Dans l'explication standard du MAFF, le riz et les pickles accompagnent la soupe et les trois plats mais ne sont pas comptés parmi les trois.
Un exemple complet peut donc comprendre riz vapeur, soupe miso, poisson grillé, légumes mijotés, petite salade ou préparation vinaigrée et pickles.

Quels sont les trois plats ?
Il n'existe aucun menu obligatoire. Le MAFF souligne l'intérêt de combiner différentes méthodes de cuisson, ce qui crée contraste de saveurs, températures et textures.
- Shusai : plat principal, souvent poisson, viande, tofu ou autre préparation substantielle.
- Fukusai : accompagnements plus petits, souvent légumes, algues, champignons, légumineuses ou préparations végétales.
Les aliments exacts dépendent de la saison, de la région, du foyer et de l'époque.
Où place-t-on les plats ?
Une disposition très connue place le bol de riz devant à gauche et le bol de soupe devant à droite. Plat principal et accompagnements se trouvent plus en arrière. Les baguettes se placent généralement horizontalement devant le convive et peuvent reposer sur un hashioki.
Ces conventions permettent de lire facilement la table, même si les repas contemporains les adaptent souvent.
Pourquoi plusieurs récipients séparés ?
L'ichiju sansai explique l'une des caractéristiques visuelles de la table japonaise. Chaque élément peut avoir son récipient : riz dans un bol en céramique, soupe dans un bol laqué, plat principal sur une assiette adaptée, accompagnements dans de petits bols, pickles dans une coupelle.
Les récipients peuvent changer selon saison et occasion. Pour découvrir les matières et traditions régionales, consultez notre guide de la céramique japonaise.
Depuis quand existe l'ichiju sansai ?
La date exacte d'établissement de la formule est difficile à fixer. Le MAFF signale toutefois une disposition « une soupe, trois plats » dans un rouleau illustré du XIIe siècle, à l'époque de Heian.
Jusqu'au début du XXe siècle, de nombreux repas quotidiens étaient servis sur un plateau individuel à pieds pouvant contenir une soupe et plusieurs petits plats. Les repas plus élaborés utilisaient davantage de plateaux.
L'ichiju sansai est donc lié à une structure quotidienne autant qu'aux repas sophistiqués.
Quel rapport avec la cuisine formelle ?
Le Japon a développé plusieurs traditions formelles : daikyo ryori, honzen ryōri, shōjin ryōri et plus tard cha-kaiseki. L'ichiju sansai apparaît également dans le cha-kaiseki associé à la pratique du thé.
Le kaiseki de restaurant moderne est plus complexe et ne doit pas être réduit à « ichiju sansai avec des ingrédients chers ».
L'ichiju sansai doit-il être composé uniquement de plats anciens ?
Non. Le MAFF cite explicitement des plats hybrides comme le tonkatsu ou le hamburger steak japonais. La structure peut rester reconnaissable même quand un plat a une histoire moderne ou internationale.
Cette même souplesse explique pourquoi un teishoku quotidien ou un petit-déjeuner japonais peuvent ressembler à l’ichiju sansai sans lui être identiques.
Les Japonais mangent-ils ichiju sansai tous les jours ?
Non. Curry rice, nouilles, donburi, pain, pâtes, nabe et plats préparés sont courants. Une structure plus simple, ichiju issai — une soupe et un plat — a également une longue importance culturelle.
Il vaut mieux considérer l'ichiju sansai comme une grammaire de composition que comme une liste obligatoire.
Pourquoi l'associe-t-on à l'équilibre ?
Séparer riz, soupe et plusieurs plats encourage variété des ingrédients et des techniques de cuisson. C'est l'une des raisons pour lesquelles le MAFF utilise cette structure pour expliquer le washoku.
Il s'agit d'une observation culturelle, pas d'une promesse médicale : la qualité nutritionnelle dépend toujours des ingrédients, portions et préparations.

Créer un repas simple ichiju sansai chez soi
- Préparez du riz.
- Ajoutez une soupe, par exemple miso.
- Choisissez un plat principal : poisson, tofu, poulet ou même tonkatsu.
- Ajoutez deux petits accompagnements.
- Ajoutez des pickles si vous en avez.
- Servez les éléments séparément pour rendre la structure visible.
La vaisselle n'a pas besoin d'être assortie
Un bol laqué, un bol de riz en céramique, une assiette en porcelaine et un petit bol en grès peuvent fonctionner ensemble. Différentes hauteurs, formes et matières aident même à distinguer les parties du repas.
Découvrez notre collection Vaisselle japonaise & Art de la table.
Ichiju sansai en une phrase
Ichiju sansai est une structure de repas japonaise construite autour du riz, d'une soupe et de trois plats d'accompagnement, généralement avec des pickles, afin de créer de la variété dans les ingrédients, les méthodes de cuisson et les récipients.
Que lire ensuite ?
Lisez Qu'est-ce que le washoku ? ou revenez à La table japonaise.
Le riz est généralement portionné avec un shamoji, la large pelle japonaise qui sert à aérer et servir le riz avant que le convive ne mange au bol avec des baguettes.
Les pickles qui accompagnent le repas sont traditionnellement appelés kōnomono. Ils accompagnent le riz et la soupe sans être comptés parmi les trois sai, d’où la présence possible d’un petit plat à pickles en plus des trois préparations.
Sources
Photo d'en-tête : Takafumi Yamashita / Unsplash.