Qu’est-ce que le sukigi ? Les supports en bois du kama dans le thé japonais
Oct 01, 2026
Les sukigi sont de petits supports en bois qui portent une bouilloire à thé par son rebord saillant. Ce rebord est appelé aile ou collerette. Une bouilloire qui en possède une est un hagama.
La différence essentielle est le point d’appui. Un gotoku soutient la bouilloire par-dessous. Les sukigi portent sa collerette, sans gotoku au centre sous la bouilloire.
Comment soutiennent-ils la bouilloire ?
Les sukigi (透木) se placent entre la collerette et la surface qui porte la bouilloire. Le poids repose sur cette partie saillante : sa forme a donc une fonction précise.
Le dictionnaire du thé de Tankosha explique qu’un sukigi-gama (透木釜), un kama utilisé avec ces supports, doit être un hagama. L’aile n’est pas un simple décor. Tous les kama, les bouilloires à thé en fer, n’ont pas cette forme.
Sukigi, gotoku et kirikake
Le gotoku est un support en fer, généralement à trois pieds, placé dans le foyer ou le brasero. Il porte la bouilloire par-dessous. Les sukigi sont des pièces de bois séparées sous sa collerette.
Un montage kirikake fonctionne aussi sans gotoku séparé, mais autrement : la bouilloire et le furo assortis sont conçus pour que la première repose directement sur le second. Il n’y a pas de sukigi entre eux.
Il faut regarder non seulement ce qui porte la bouilloire, mais où repose son poids. Une bouilloire suspendue offre encore une autre solution. Ces différences changent le matériel, l’espace autour du feu et les gestes nécessaires.
Les sukigi sont-ils réservés au ro ?
Non. Le ro est le foyer encastré ; le furo est le brasero portable. La série pédagogique Urasenke publiée par Tankosha en 2024 traite les deux cas.
Le volume d’avril présente le ro, celui de juillet le furo. La série est supervisée par Sen Sōshitsu, avec l’enseignement du Konnichian gyōteibu. La manipulation des sukigi figure aussi dans le volume Chadōgu Hyakka consacré aux kama, ro et furo.
Quand Urasenke les utilise-t-elle au ro ?
Urasenke les associe couramment à la fin de la saison du ro, surtout en avril avant le passage au furo. Une réponse du grand maître de cette école traite cet usage d’avril.
Cette période relève de la pratique Urasenke. Ce n’est pas une règle à appliquer à toutes les écoles de thé.
Depuis quand existe ce principe ?
Dans ce texte, Sen Sōshitsu examine un registre de thé de Tsuda Sōgyū datant de 1569. Il décrit une bouilloire basse à aile placée au foyer.
Sen Sōshitsu estime que ce montage devait nécessiter un espacement en bois sous la collerette. Il en conclut qu’un usage de type sukigi se répandait à l’époque Eiroku. C’est son interprétation du registre, pas un jeu de supports conservé depuis cette rencontre.
Sukigi signifie-t-il « bois transparent » ?
Lire les caractères actuels au pied de la lettre n’aide pas à comprendre le mot. Le même texte propose une origine possible dans shikigi (敷木), « bois posé dessous ». C’est une possibilité, pas une certitude.
Pourquoi laisser un espace sous la bouilloire ?
L’espace permet à l’air d’atteindre le feu. Le texte Urasenke explique qu’une bouilloire à aile posée directement contre le foyer réduirait ce passage. Les sukigi créent un espace tout en portant la bouilloire.
Le détail n’est donc pas seulement visuel : la position de la bouilloire agit sur le fonctionnement du feu.
Qu’est-ce qu’un sukigi furo ?
Les références sur les ustensiles emploient ce nom pour un brasero à épaule large et plate, capable de recevoir les supports en bois et la collerette d’une bouilloire adaptée.
La forme aide à comprendre le montage. Les gestes doivent toutefois être appris auprès d’un enseignant de l’école concernée, et non déduits du nom ou d’une photographie.
Les sukigi déterminent-ils la forme des cendres ?
Non. Sukigi décrit le support de la bouilloire ; haigata décrit la mise en forme des cendres.
Support, matériau, cendres, saison et degré de formalité se rencontrent dans une même installation, mais restent des éléments distincts. Connaître l’un ne donne pas automatiquement les autres.
En faut-il pour le matcha à la maison ?
Non. Ils concernent l’étude des installations de feu, des bouilloires et de la pratique saisonnière du chanoyu. Ils ne sont pas nécessaires pour simplement fouetter un bol de matcha.
Retenez la collerette : les sukigi portent la bouilloire à cet endroit, et non par-dessous sur un gotoku.
Sources et lectures complémentaires
- Tankosha — Sukigi-gama
- Urasenke — questions au grand maître sur le sukigi-gama
- Tankosha, Urasenke Text 4 — sukigi au ro
- Tankosha, Urasenke Text 7 — sukigi au furo
- Tankosha — Chadōgu Hyakka 2 : Kama, Ro & Furo
Photo d’en-tête : Craft Kitties via Unsplash. Elle montre un travail du bois comme référence de matériau ; elle ne représente pas des sukigi de chanoyu vérifiés.